Le délai de récupération est l'indicateur le plus simple de la budgétisation des investissements. Sa popularité tient à sa lisibilité immédiate. Pourtant, les données sectorielles montrent des biais récurrents dans son application.
Six données à connaître
- 57 % des PME européennes utilisent le délai de récupération comme critère principal d'investissement, souvent sans calculer la VAN en parallèle.
- Un projet rejeté sur cinq sur la base du délai de récupération aurait présenté une VAN positive si évalué sur la durée totale du projet.
- La durée médiane de récupération acceptée varie de 2 ans dans l'industrie technologique à 7 ans dans l'énergie renouvelable, selon les benchmarks sectoriels européens de 2022.
- Le délai de récupération actualisé corrige partiellement le problème, mais n'est utilisé que dans 22 % des cas où le délai simple est appliqué.
- Les flux post-récupération représentent en moyenne 38 % de la valeur totale d'un projet industriel sur 15 ans. Le délai simple les ignore complètement.
- Les erreurs de classement entre projets augmentent de façon notable quand la durée de vie des actifs dépasse le double du seuil de récupération retenu.
Point de vigilance
Le délai de récupération reste pertinent comme filtre rapide de liquidité, notamment pour les entreprises exposées à des cycles courts. Le problème survient quand il remplace une analyse complète plutôt que de la précéder.
