Les directeurs financiers débattent depuis des décennies sur la supériorité de la VAN face au TRI. Les deux méthodes coexistent dans la pratique, mais leur usage dépend du contexte. Quelques statistiques éclairent ce choix.
Quatre points de comparaison chiffrés
- La VAN est privilégiée dans 68 % des grandes entreprises cotées pour les décisions d'investissement stratégique, selon une enquête PwC Europe de 2020. Le TRI reste dominant dans les fonds de capital-investissement.
- Le TRI surestime la rentabilité dans 40 % des projets à flux irréguliers, en raison de l'hypothèse de réinvestissement au taux interne lui-même, qui est rarement réaliste.
- Deux projets identiques en VAN peuvent afficher un écart de TRI de 6 points selon leur calendrier de décaissements. C'est un piège courant pour les projets à forte dépense initiale différée.
- Le TRI modifié (TRIM) corrige ce biais mais n'est utilisé que dans environ 18 % des organisations selon une étude universitaire de Dauphine publiée en 2019.
Observation pratique
Pour les projets de durée inférieure à cinq ans avec des flux réguliers, le TRI reste lisible et suffisant. Au-delà, la VAN donne une image plus fidèle de la création de valeur réelle, à condition que le taux d'actualisation soit calibré avec soin.
Le choix de la méthode n'est pas neutre : il influence directement quels projets passent le filtre d'approbation interne.
